On associe souvent les éliminations hors bac à un « manque de propreté » de la part du chat. En la réalité, la cause est très fréquemment liée à l’environnement proposé au chat. Les caractéristiques du bac à litière influencent directement son utilisation. Lorsqu’ils ne répondent pas aux besoins du chat, celui-ci va chercher une alternative qui lui semble plus adaptée ailleurs.
La bonne nouvelle c’est que quelques ajustements suffisent souvent à améliorer les choses.

Voici les erreurs les plus fréquentes que je rencontre lors de mes consultations.
1. Choisir un bac trop petit
C’est probablement l’erreur la plus répandue, car la majorité des bacs vendus dans le commerce sont dimensionnés pour le confort de l’humain, et non du chat.
Un bac adapté doit permettre au chat :
- d’y entrer facilement ;
- de se retourner complètement sans se contorsionner ;
- d’être suffisamment profond pour que le chat puisse gratter.
En pratique, il faut essayer de trouver un bac faisant environ une fois et demi la longueur du chat (sans la queue). Si ce dernier touche les parois, semble pressé de sortir ou hésite à entrer, le bac est trop petit.
Un bac trop petit peut générer de l’inconfort et pousser le chat à éliminer ailleurs.
À l’inverse, il n’existe pas de risque à proposer plus grand. Beaucoup de chats montrent une préférence nette pour des bacs spacieux.
2. Imposer un bac fermé
Les bacs couverts, aussi appelés maisons de toilettes, sont souvent choisis pour limiter les odeurs ou cacher les déjections du chat. Ce sont des préoccupations humaines compréhensibles, mais encore une fois, elles ne correspondent pas forcément aux préférences du chat.
Un chat reste à la fois prédateur et proie. Lorsqu’il élimine, il se trouve dans une position vulnérable. Il a donc besoin de voir ce qui se passe autour de lui et d’anticiper l’arrivée d’un potentiel danger. Un bac fermé réduit cette visibilité et peut gêner le chat.
Contrairement à ce que l’on peut imaginer au départ, un bac fermé va avoir tendance à se transformer en boite à fermentation et concentrer les odeurs, que l’on aura empêché de s’échapper. Et au moment de l’ouverture : surprise olfactive garantie !
3. Proposer un nombre insuffisant de bacs
Pour savoir combien de bacs mettre chez soi, il existe une règle simple : nombre de bac = nombre de chat.s + 1.
C’est-à-dire que si on a 1 chat on proposera 2 bacs, si on a 2 chats on en proposera 3 et ainsi de suite. En tant qu’humain on a souvent l’impression que cette règle est excessive voire inutile et pourtant ça peut avoir un impact énorme dans la vie de nos chats.
Multiplier les bacs permet :
- de limiter tensions et compétitions en cas de cohabitation entre plusieurs chats ;
- de respecter les préférences individuelles (certains chats préfèrent uriner et déféquer dans deux litières différentes) ;
- de baliser l’environnement.
Même pour un seul chat, plusieurs bacs facilitent l’accès et limitent les contraintes liées aux activités humaines dans certaines zones : imaginez une unique litière accessible seulement par le salon où se déroule une fête à laquelle Minouchat ne souhaite pas particulièrement assister.
Et surtout, cela lui permet d’avoir le choix. Chose que l’on oublie souvent de prendre en compte lorsque l’on a un animal à la maison.
4. Sous-estimer la fréquence de nettoyage
Soyons honnêtes : personne n’aime utiliser des toilettes sales. Les chats non plus.
Un bac sale devient peu engageant et, mine de rien, cela peut arriver assez vite. Encore plus avec un bac fermé qui demande plus d’énergie pour être entretenu (ouvrir le couvercle, le poser, le récupérer, le refermer…) que l’on a tendance à laisser traîner plusieurs jours dans son jus. Sans parler de l’attaque olfactive au passage que l’on souhaite éviter.
Alors comment avoir une litière qui soit suffisamment propre pour minet ?
Idéalement, on retire chaque jour les déjections et les agglomérats. La fréquence peut toutefois être ajustée selon le nombre de bacs et le nombre de chats qui les utilisent.
Le nettoyage complet du bac doit être effectué régulièrement, avec une fréquence adaptée à l’usage et au type de substrat utilisé. Pour cela, il vaut mieux privilégier des produits neutres comme le savon de Marseille ou le savon noir et oublier l’eau de Javel : non, les chats n’adorent pas ça, c’est même souvent l’inverse.
5. Utiliser un substrat inadapté
Le choix de la litière est souvent guidé par le prix, le marketing ou encore la praticité. Or le facteur déterminant reste… l’avis du chat.
De manière globale, les chats montrent une préférence pour les textures fines, proches du sable, et rejettent fréquemment les litières parfumées. En plus, on est d’accord que ces litières sentent horriblement mauvais ?
Un autre point important concerne la quantité : il est préférable de proposer une profondeur suffisante de substrat afin de permettre au chat de gratter et de recouvrir.
Cependant, prudence lors des changements de substrat : le modifier du jour au lendemain peut provoquer un refus d’utilisation de la part du chat. Mieux vaut procéder par transition progressive, en mélangeant l’ancien et le nouveau pendant quelques jours.
Une nuance toutefois : chaque chat est unique. Les éléments présentés ici correspondent à des tendances générales observées chez le plus grand nombre, mais les préférences individuelles peuvent varier. Il est donc essentiel d’observer, de tester différentes options et d’ajuster afin d’identifier ce qui convient le mieux à son chat.